Le mineur

Publié le par Perséphone

J'ai écrit cette nouvelle très courte hier soir, donnez-moi votre avis dessus. Bonne lecture !

Le mineur

Jack travaillait à la mine, il ressortait chaque soir vers ving-deux heure un masque gras et noir sur le visage, une pioche à la main. La mine se situait à quelques pas d'une voie de chemin de fer, des enfants aux visages roses et gaies y jouaient habituellement aux osselets. 

- Regardez ce monstre, cette horreur humaine possédant le visage de la mort et le corps du bouffon ! ricanaient-ils en jetant un os sur lui. 
Mais la noirceur enduite autour de ses yeux, prenant se joues et léchant sa bouche semblait créer en lui le mépris et la supériorité. Il se croyait la mort de chair et d'os prête à abattre sa pioche sur les bambins. Il se contenta de cracher sur le visage d'une rouquine qui se rembrunit aussitôt, Jack trouva un gland à terre qu'il écrasa à la force de la main, ses phallanges blanchissaient alors que son coeur se gonflait de vanité et de puissance. Le mineur ne trouvait bonté nulle part en lui, il était mysogyne et s'acharnait sur sa pauvre femme Elena âgée de dix-neuf ans. 
- Elena qu'est ce qu'on mange bien aujourd'hui un morceau de chapon ou de dinde ? Quelque truc dans le genre ! 
- Ou d'humanité ... gémit la jeune ménagère en sortant un plat fumant qu'elle posa sur la minuscule table insipide. 
- Mais qu'est ce qui te prends demoiselle ? Te prends-tu pour la reine ?! insinua l'homme d'une voix ironique. 
- Et pourquoi ne le serais-je pas ! s'écria Elena en s'asseyant vigoureusement. Est-ce que nous pauvre femme sommes réduites à être prostituée pour être baiser ou marier à des bougres malsain et sensuels ! 
Elena toucha sa joue, la main énorme de Jack était tombée comme un poids d'une tonne sur elle, il ouvrit vite l'armoire et prit le martinet. La maison voisine entendait les cris douloureux et sanglants qui résonnaient de toute part. Des murmures bredouillaient : 
- Pourquoi persiste-t-il à la garder ? Pt'être un jour la tuera-t-il ? 
Les quatre enfants voisins tremblaient dans leurs lits, deux lisaient des contes de fées voulant leurs imaginations plus forte que leurs peurs, les deux autres enfouissaient leurs petits crânes sous la chaleur d'un oreiller. 
Elena était à terre, son corps strillé de meurtrissures, un tigre sanguinolent à l'agonie battu par un éléphant puissant et hideux. 
- Lèves-toi ! hurla-t-il. Bois ! Tu r'ssemble à une poupée rayée ! 
Elena tenta de griffer le bras de l'homme mais celui-ci la laissa retomber. Elle se fit couler un peu d'eau qu'elle passa délicatement sur ses blessures, ses plaies brûlaient, ses mains tremblaient... Son corps se ploya sous l'intensité de la douleur, elle prit appuie contre un meuble et respira avec régularité. 
" Pourquoi suis-je tombée sur un homme inculte et violent, laid et mineur, répugnant et sans intérêt. Si mon père connaissait la violence de ce monstre, son sexisme croissant, son ignorance tout me répugne chez lui parfois j'aimerais mourrir sous ses coups pour ne plus rien subir de lui." " Oh non ! C'est lui qui mérite la mort, je veux l'abattre et donner ses membres aux animaux !" "Et cet ogre veut ma survie en m'allaitant avec cette eau inbuvable, ce qu'il veut c'est une lavandière, une cuisinière, un ventre porteur ! " 
Dans le petit salon médiocre le Jack mastiquait sans discrétion une cuisse de chapon, il rognait l'os comme un chien. Il se posa sur une planche de bois d'ici quatre heure il serait sous terre pour le forage des trous. 
Jack avait le torse nu recouvert de suie, ses manches de salopettes laissaient des traces blanches sur sa peau poisseuse, sa pioche émettait un bruit régulier dont l'écho résonnait sur les parois : Poum ! Poum ! Poum ! Poum ! du minerai s'écoula comme une récompense d'or sur ses pieds. Il en prit en poignée qu'il enfuit dans la poche de son habit de travail. Le mineur avait une grande tendance au mensonge qu'il exploitait en volant le fruit de son labeur. C'était bien la seule chose dont le lecteur ne pouvait lui en vouloir, quinze heures de travails pour deux francs valait bien une rebéllion discrète et jusque là personne n'avait rien vu. Elena le savait parfaitement et elle détestait Jack raison de plus pour le dénoncer au commisiariat mais celui-ci l'avait rattrapait et humiliait publiquement sans pudeur salissant de sa crasse et de sa cruauté la ménagère à la peau de lait. 
Un garçon de à peu près huit ans se tenait à l'écart, il se démenait avec l'outil qu'il maîtrisait mal, son chapeau noir tomba... Jack cracha dessus, c'était son attaque favorite : le crachat. 
- Comment tu te permets !!! Tu as retiré un peu de minerai de la roche et tu te crois un génie ! 
- Comment tu't permets de me traiter comme ça sale bâtard ! s'époumona l'homme qui lâcha son instrument avec une violence démentiel. 
Le petit donna un coup de pieds dans la chargeuse navette, tout se déversa : Le Jack sauta sur sa proie. 
Marcel Martyr portait bien son nom après les actes passés, Jack avait brisé chacune de ses dents, lui avait rompu un bras et fendu une jambe le privant de l'usage de son corps condamné à l'immobilité. Jack, lui était condamné à dix années de prison ferme. Le mineur utilisait la boue du dehors et la poussière de l'intérieur pour fabriquer un condiment noir qu'il s'étalait sur le visage tel un guerrier prêt à manier l'arme. Il était surnommé " Le masai inversé " en référence au peuple africain se peignant le visage de blanc et ayant le corps noir. 
Dix années s'étaient écoulé à taper sur des cailloux, à boire une soupe immonde, et à côtoyer des visages patibulaires qui lui ressemblait tant. Un prisonnier lui avait tatoué son insigne sur l'épaule en maa la langue des masai. Jack arriva sur le seuil de l'entrée de sa piètre maison, il poussa la porte du pied elle s'ouvrit sans effort le cadenas avait succombé. Elena était assise au fond de la pièce, elle portait une superbe robe blanche en dentelle à colerette serrée par une ceinture de soie. Son regard restait fixe et pensif, dévisageant Jack qui était dorénavent immobile, elle avait vingt-neuf ans et tout en elle avait prit de la maturité et accentuée une beauté incroyable. Ses abondants cheveux blonds clairs pendaient en cascade sur ses épaules, ses yeux paraissaient plus bleus... 
- Où tu t'es payer ce vêt'ment ? 
- Il est noble et gracieux deux valeurs que tu ne connais point, avec tout l'argent gagner que tu as gagnés en prison et à la mine je me l'a suit payer, elle coûtait précisément deux mille cinq cent franc. Je tiens à souligner que j'ai fouillée tout tes vêtements et avec tout le minerai que j'y ai trouvé je me la suis procurer. Ce vêtement est le symbole de ma libération, il est le deuil de ta vie car tu n'es que sombre. 
Elena savait parfaitement ce qui allait se passer et elle se laissa faire, elle laissa les massues se déversaient sur elle, elle laissa les caresses violentes se baladaient le long de ses hanches, elle laissa tout passait sans rien regretter. 
Le lendemain Jack reprenait son travail long et épuisant, peu de minerai s'extraya de la roche, Marcel Martyr était dans son lit. Elena pénétra dans la mine, la lampe frontale du mineur l'éclairait à peine. On distinguait la fameuse robe blanche tâchée de sang et de suie, déchirée au niveau du bras et de la cuisse. Elle tenait une tarte dans les mains, une tarte à la pomme qui paraissait excellente. Jack saisit une part du dessert, c'était bien la première fois qu'Elena le voyait en plein travail : il était effrayant encore plus qu'à l'accoutumé. 
- Ah Elena ! Ma p'tite demoiselle, un bon gâteau pour ton pauv' p'tit mari ! Pff souhaite moi une bon p'tit en cas !! A ma santé et pas la tienne !
- Tais-toi, dit-elle dans un souffle, tu m'exaspère, tu me répugnes, s'il te plaît ne dis rien. 

- Mais où est le fouet ?! Tu l'sais non ! hurla le mineur. 

- Mange, mange... régale-toi j'ai bien compris mon rôle. 

- C'est bien, baragouina-t-il en croquant un bout de tarte. Mmmh bien bon ça c'est de la bonne tarte ! T'as pas mis un peu de cyanure dedans au moins... ironisa l'homme.
- Non il y a mieu, murmura la jeune femme. 
En un geste précis elle attrapa sa pioche, elle ne réfléchis point son âme entière et indignée dirigea ces gestes, l'outil s'enfonça d'un coup dans le ventre de Jack, une fontaine de sang jaillit, Elena s'en fichait sa robe en était déjà pleine. Le mineur était mort, c'est ce qu'elle voulait. 
- Cette robe est le deuil de ta vie car tu n'étais que sombre, je ne jetterais pas ton corps aux loups comme je le pensais, je laisserai la roche mangeait ta dépouille et ne penserais pas à toi quand je serais en prison. 

Publié dans ✎Ecrits✎

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Moi ;) 02/04/2014 17:02

Énorme... Tu fais de super texte tu m'impressionne vraiment.

Quichottine 25/03/2014 10:28

Te dire ce que j'en pense...
C'est difficile.

Ton texte est bien écrit, mais peu crédible. Ton mineur parle trop bien par rapport au rôle que tu lui donnes. C'est un rustre violent et sans éducation d'après ce que pense sa femme et ce qu'il montre dans ses gestes... mais son niveau de langage n'est pas conforme.

Par contre, tu sais montrer l'escalade de la violence et la méchanceté de cet homme. La réponse apportée par sa femme est comme un soulagement, même pour ton lecteur.

Bravo pour cela.

Passe une douce journée... et surtout, ne prends ma critique que comme l'aide que tu m'as demandée. Ce n'est aucunement un reproche.

kobe 22/03/2014 23:25

Il a bien mérité sa mort :-D