Fin de la première partie d'Illétrique

Publié le par Perséphone

Voilà la fin de la première partie d'Illétrique :

Et voilà une autre lettre close posée sur ma comode. Il ne me reste plus qu'à enlever le cachet de cire rouge et à lire. Et je le fais même si je sais parfaitement à quoi m'attendre, il est inscrit " Vas t'en !". Qu'est ce que cela peut bien vouloir dire ? Oh mon dieu, seigneur, pourrais-je un jour lire sans mes yeux ? Lire avec mon coeur ? Et savoir ce qu'il est écrit sans avoir besoin de connaître l'alphabet. Affalée, essouflée, morveuse, abbatue sur l'épais sofa pourpre les larmes ne cessent de jaillirent, laissant un goût de sel agréable sur mes joues. Mais écartant une perle d'eau d'un revers de main, je la vois noire, visqueuse, me sourire vicieusement, et sauter sur le papier dans un éclaboussement. Illusion, les larmes ne sont pas vivantes, et ne sautent pas comme d'habiles sauterrelles sur des lettres ! Je finis par m'endormir, le visage las et rouge de mes pleurs. J'ouvre doucement mes yeux gonflés, les paupières encore imbibé de sel et d'eau. Tout autour de moi valse la pièce, mon immense comode bourrée à craquer de prospectus, de papier mais en grande majorité de lettres... Dehors il pleut des trombes, les gouttes s'écrasent brutalement contre la vitre et dégoulinent mollement, la pluie est... noire ! Comment est-ce possible, toute forme de liquide devient un torrent sombre, de... de... d'encre ? L'encre est partout, elle s'insinue dans chaque recoin, avide de papier, de stylo plume. J'essaye de me relever mais je n'ai plus le contrôle de mes jambes, elles deviennent folle, s'entremêlent, comme un faon venant de naître. Je retombe sur les mains, et me coupe, des bouts de vers jonchent le sol. C'était le vase encore posé il y a quelques heures sur la petite table, brisé en mille morceaux sur le sol. Le sang coule sur ma paume, le sang... noir qui s'écoule sur ma main, prenant une texture boueuse, les griffes obscure ensserant mes doigts. Et là encore, je ferme les yeux tandis qu'un bruit de tonnerre fracassant traverse la pièce.

Publié dans ✎Ecrits✎

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P
fonce la téte baissée mon bébé! tu grandis vite et de belle facon ))) BIZOU ;)
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K
Whaou mais quelle imagination ♥♥
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